Bilan de fin d'année  posté le mardi 16 décembre 2008 16:20

Bientôt c'est la fin de l'année, les cadeaux et les grosses indigestions à base de bûches glacées fourrées au foie gras d'huître et à la dinde aux marrons le tout arrosé de Champagne bon marché

Le moment idéal donc pour établir le bilan d'une année, finalement, assez riche.

TOP 20 :

1. Wall E de Andrew Stanton: Humaniste et poétique. Le chef d'oeuvre de l'année.
2. No country for old men des Frères Coen : Le meilleur film des Coen avec Fargo ( suivi de près par The big Lebowski, Miller's crossing et Arizona junior ). De toute façon, l'excellent roman de Mc Carthy était fait pour eux. Et ce monologue final nom de Dieu.
3. Speed racer des frères Wachowski : Expérience visuelle terrassante convoquant jeu vidéo, art expérimental et hommage cinéma. Et puis quel climax !
4. Tropic thunder de Ben Stiller : Hilarant film de guerre doublé d'une émouvante parabole sur les acteurs. Et puis les acteurs sont tous géniaux ( Le Simple Jack de Stiller, Tom Cruise en avater des Weinstein bros, Robert Downey Jr et Jack Black ...  ). Et puis les B.A roxxent ( Satan's alley ! ).
5. Hellboy 2 de Guillermo Del Toro : Foisonnant et débordant d’imagination, Hellboy 2 est l’œuvre d’un enchanteur amoureux des belles histoires mais aussi celle d’un pessimiste mêlant la fin de l’Homme à celle des contes. Amours impossibles, mort des dieux animistes, agonie des légendes sous le poids de la modernité, paternité, intolérance et apocalypse… Le film est étourdissant de par les thèmes abordés. Del Toro nous gratifie, en outre, d’une magnifique intro avec des marionnettes et impose ainsi un vibrant hommage à tous ces conteurs qui nous émerveillèrent depuis l’aube des temps.
6. Two lovers de James Gray : Sublime film romantique dont la subtilité et la simplicité ne peuvent qu'arracher la coeur. Et cette fin ambigüe sur fond d'opéra !
7. L'échange de Clint Eastwood: Dense, passionnant, parfois proche de l'épouvante pure et rappellant Ellroy dans sa volonté de raconter l'Histoire de L.A par le biais du fait divers. Un grand film d'un grand réalisateur.
8. There will be blood de Paul T. Anderson: Un western aride et passionnant sur le crépuscule de l'ouest sauvage et la naissance d'une nation capitaliste. Une tragi-comédie auscultant les premiers pas d'une puissance dominé par la relation amour/haine entre grand capital et religion. Bluffant et porté par la géniale interprétation de Daniel Day Lewis.
9. Chasseurs de dragons de Guillaume Ivernel et Arthur Qwak Une oeuvre drôle ( les moutons !!! ), imaginative et poétique n'ayant pas peur de la contemplation et convoquant Moebius, Miyazaki et Tsui Hark. Le film français de l'année.
10. Tropa de elite de José Padilha : Un film coup de poing, polémique et ambigüe sur la criminalité brésilienne et l'extrêmisme de la réponse policière qui y est faite. Une oeuvre réflexive poussant le spectateur à se faire sa propre opinion. C'est suffisamment rare pour être souligné.
11. Un été avec Coo de Keiichi Hara: Un joli et humble petit film rappellant souvent Takahata. Et ce n'est pas un mince compliment.
12.Into the wild de Sean Penn: Une ode à la nature américaine, une oeuvre à la Kerouack doublé d'un constat à ,la fois désabusé et tendre sur une certaine Amérique rebelle et libertaire.
13. John Rambo de Sylvester Stallone: Une œuvre désabusée et barbare portant sur un dieu de la guerre perdu dans un monde violent et sans idéologie. Stallone livre un long métrage brut ( voir brutal ) au pessimisme étourdissant mais dont le final doux amer livre la vision sage d’un homme revenu de loin.
14. The mist de Frank Darabont: Un film énervé proposant une satire féroce taclant la paranoïa, le fanatisme et la théocratie. Mais aussi une apocalypse lovecraftienne pessimiste et cruelle dont les images, parfois superbement poétiques, trottent longtemps dans la tête. Et puis cette superbe créature chtullienne émergeant de la brume au son du Host of seraphim des Dead can dance.
15. L’orphelinat de Juan A. Bayona : Une œuvre bouleversante et cruelle sur l’enfance. L’Espagne confirme son statut de terre promise du fantastique.
16.Blindness de Fernando Meirelles : Une œuvre extrêment bien filmée doublée d’une parabole bien sentie sur mise en place d’un pouvoir dictatorial. De plus, les acteurs y sont géniaux !
17. 3h10 pour Yuma de James Mangold: Très beau western servi par deux acteurs d’exception. Il n’y a pas de doute j’adore Mangold !
18. In Bruges de Martin Mc Donagh: La surprise de l’année. Une tragi comédie décalée et émouvante. De plus, Gleeson y est génial comme à son habitude et quand à Fiennes il prouve qu’il n’est jamais plus à l’aise que dans les rôles de Bad Guy !
19. Rien que pour cheveux de Dennis Dugan: Une comédie grasse et culotté sur un sujet brûlant. J’ai rarement autant ri au cinéma.
20 . Entre les murs de Laurent Cantet : Un film intelligent et passionnant sur un métier souvent réduit à des clichés. Cantet parvient à éviter la mièvrerie et l’angélisme pour toucher ce beau métier au plus près de sa réalité. Et livre au passage un vrai film de cinéma ( et non pas le faux documentaire que certains ont voulu pointer ).

Bonus.
1. Les cendres du temps Redux de Wong Kar Waï : Quel plaisir de redécouvrir en salles le chef d’œuvre de Wong Kar Waï. Un wxp moderne dont l’approche radicale préfigurait le monumental The blade de Tsui Hark.
2. Red cliff partie I de John Woo : John Woo revient en Chine et la claque est monumentale. Red Cliff est un film épique et ludique à la réalisation virtuose. Un chef d’œuvre au souffle mythologique. En somme du Woo à la sauce Homère ( le grec pas celui de Springfield !!! ). Il faudra maintenant patienter pour une sortie en France.
3. CJ7 de Stephen Chow : Stephen Chow décide de réaliser son E.T et c’est mignon tout plein. Il ne perd pas pour autant sa fibre sociale et son humour sadique. Donc c’est mignon mais on y martyrise des créatures kawaï et ça c’est pas pour me déplaire ! ( je déteste tout ce qui est kawaï ! ). En résumé, CJ7 est aussi un film très drôle ! Honteusement, ce long métrage n’est sorti qu’en dvd en France.
4. The warlords de Peter Chan : Peter Chan est un des grands réalisateurs encore en activité à Hong Kong. Il le prouve avec ce superbe film qui, en plus de revenir sur une période passionnante de l’histoire chinoise ( la révolte des taïpings ), propose un de ses plus beaux rôles à Jet Li. Un film sombre et barbare dont on attend encore la sortie en France.
5. 13 Beloved de Chukiat Savkeerakul : Un film thaï malin et haletant au scénario intriguant et terriblement cruel. Le réalisateur fait preuve d’une véritable maestria dans la gestion de la tension et la montée graduelle vers l’horreur.
6.  The unseable de Wisit Sasanatieng : Une très belle et dépressive histoire de fantômes réalisé par un des meilleurs et des plus éclectiques réalidsateurs thaï. Le film n'est toujours pas sorti en France.

Ils auraient pu figurer dans le top si je les avais vu avant :

1. Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee Won : Un western coréen et léonien dynamique et frappadingue évoquant le génial Shangaï express de Sammo Hung et se clôturant par un climax juste hallucinant. De plus, le film est bourré d'idées inventives ( la prothèse en métal sifflant dans le vent ) et Song Kang Ho dans le rôle du " péon paillard " à la Eli Wallach ou Rod Steiger est juste génial.

2.  Walk hard de Jake Kasdan : Une hilarante, politiqyement incorrecte et parfois émouvante parodie du Walk the line de Mangold. De plus Kasdan, derrière la pantalonnade, parvient tout simplement à créer une saga sur l'histoire du rock ( et il faut voir Jack Black dans le rôle de Paul Mc Cartney ! ). Enfin John C. Reilly est génial dans le rôle principal. Le film est, hélas, sorti directement en DVD chez nous.

Les 5/6 : La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols, Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza ,Dark Knight de Christopher Nolan, Gomorra de Matteo Garrone, Appaloosa de Ed Harris, Vinyan de Fabrice du Welz, Saawariya ( dont on attend encore la sortie en France ) de Sanjay Leela Bhansali, Johnny Mad Dog de Jean Stephane Sauvaire, Be kind rewind de Michel Gondry, A vif de Neil Jordan, Burn after reading des frères Coen, A bord du Darjeeling limited de Wes Anderson, Invisible target de Benny Chan ( sortit directement en DVD ), Assembly de Xiaogang Feng ( sorti directement en DVD ) .

Les 4/6 : Death sentence de James Wan, 30 days of night de David Slade , Triangle de Ringo Lam, Tsui Hark et Johnny To ( pour les deux premiers segments ), Brave story de Kôichi Chigira, MR 73 de Olivier Marchal, Crimes à Oxford de Alex de la Iglesia, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg, Rogue de Greg Mc Lean, Un conte de Noël de Arnaud Desplechin, Les insoumis de Claude Michel Rome, Kung Fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson, Mensonges d’Etat de Ridley Scott, W de Oliver Stone, Harold et Kumar s’échappent de Guantanamo de Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg, Day watch de Timur Bekmambetov, La bande à Baader de Uli Edel, Pineapple express de David Gordon Green, Step brothers de Adam Mc Kay, JCVD de Mabrouk El Mechri, Semi-pro de Kent Alterman.

 
      Les 3/6 : Sweeney Todd de Tim Burton, Cortex de Nicolas Boukhrief, , Black sheep de Jonathan King, , Mongol de Sergeï Bodrov, , Eden Lake de James Watkins, Mesrine : L’instinct de mort de Jean François Richet, Mesrine : L’ennemi public de Jean François Richet, , Forbidden kingdom de Rob Minkoff.

     Les 2/6 : Battle for Haditha de Nick Broomfield, Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, Cleaner de Renny Harlin, Jar city de Baltasar Kormàkur, Iron man de Jon Favreau, Madagascar 2 de Eric Darnell et Tom Mc Grath et surtout...

Doomsday de Neil Marshall : Magnifique et hilarant nanar post nuke rappellant le temps béni des Z ritals : 2072, les mercenaires du futur de Fulci, Les nouveaux barbares de Castellari ... Nostalgie quand tu nous tiens. Et le bad guy punk est, de loin, le méchant le plus drôle de cette année !

FLOP 25 :

1. Astérix aux jeux olympiques de Thomas Langmann: L’échec lamentable d’un film à l’égo surdimensionné plus occupé à épater la galerie avec son défilé de stars qu’à raconter une histoire. Un film qui fait régulièrement honte.
2. La terza madre de Dario Argento: Aujourd’hui Jean Rollin travaille en Italie. Et Argento est artistiquement mort. Mais le film est drôle. Autant qu’un Z cannibale réalisé par Mattei dans une décharge napolitaine.
3. Cloverfield de Matt Reeves: Un concept intéressant noyé sous les incohérences, la pose et les personnages crispants.
4. Redacted de Brian De Palma : Brian De Palma nous livre un de ses pires films. Un pensum indigeste faussement polémiste, très prétentieux et terriblement manichéen. Quand on pense que c’est une réadaptation de son magnifique Outrages.
5. Bataille à Seattle de Stuart Townsend: Stéréotypé à outrance. De bonnes intentions ne font pas un bon film.
6. Jumper de Doug Liman: Un film ayant pris 20 ans en deux semaines. Une œuvre rare en somme.
7. Taken de Pierre Morel: Un sous Seagal con et raciste mais ô combien drôle !
8. Les liens du sang de Jacques Maillot: Un récit banal de polar + une bonne histoire intimiste bien de chez nous très stéréotypée = Rien du tout !
9. 10000 BC de Roland Emmerich: Le vrai nanar savoureux. Il y a des rastas de cro magnon, des mammouths vénères ( enfin pas beaucoup quand même ) et des dodos carnivores. Que demande le peuple ? Un bon film je sais !
10. Angles d’attaque de Pete Travis : Une sous série télé cousue de fil blanc.
11. Phénomènes de M. Night Shyamalan: Je n’attends plus rien de Shyamalan. Et ça c’est vraiment triste !
12. Quantum of solace de Marc Forster : Un James Bond réalisé par Zatoïchi et écrit par Dumb et Dumber.
13. Hancock de Peter Berg : L’archétype même du bon pitch pas exploité. Le climax est une honte.
14. Wanted de Timur Bekmambetov: Puant mais assez extrême dans son aspect nanar bordélique. Un plaisir coupable !
15. Détention secrète de Gavin Hood : Consensuel et insignifiant, le film échoue à exploiter une construction scénaristique assez audacieuse.
16. Lions et agneaux de Robert Redford : Un film pédagogue, mou, bavard et donc très chiant !
17. Les seigneurs de la mer de Rob Stewart : Un sujet intéressant gâché par l’approche narcissique de son réal tête de nœud.
18. Maradona par Kusturica d'Emir Kusturica: Un documentaire réussissant l’exploit de rendre antipathique, à la fois, son sujet et son réal.
19. Martyrs de Pascal Laugier: L’exemple type de la grenouille qui voulait se prendre pour un bœuf. Très prétentieux.
20. Babylon AD de Matthieu Kassovitz : Un grand ratage. Il faut, maintenant, juste espérer que Kassovitz parviendra à rebondir.
21. La momie 3 de Rob Cohen: Très beauf et très con, visuellement  laid et filmé n’importe comment. Toutefois, le film est parfois drôle. Le combat Yeoh/ Li est une honte.
22. All the boys love Mandy Lane de Jonathan Levine: Un film prétentieux bien moins malin que ce qu’il veut bien nous faire croire.
23. Star wars: The clone wars de Dave Filoni : L’oncle gay de Jabba the Hutt… Et là tout est dit !
24. Hitman de Xavier Gens : Le hitman y est aussi subtil que John Matrix dans ses mauvais jours ( ça la fout mal pour un tueur soit disant insaisissable et invisible ), le scénario s’égare dans tous les sens pour ne rien raconter et ,en plus, on s’ennuie le plus souvent.
25. Missing de Tsui Hark:  Un sous frère Pang, doublé d’un remake mièvre du Sous le sable de Ozon, signé par Tsui Hark. Non c’est pas possible. Rassurez moi c’est un pseudo hein ? !

Bonus :

Urban justice de Don E. Faunt Le Roy : Un des derniers direct to dvd de Saumon agile ( enfin il en tourné 7 depuis ! ). Résultat un revigorant nanar où notre panda chanteur de country préféré balance des punchlines moisis, fais le kéké sans sourciller et casse des bras avec bonne humeur . Du Seagal bovin et bourrin où il tape la tchatche avec le burné Danny Trejo ? J'adore !

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