Le chant des anges  posté le dimanche 27 juillet 2008 18:21

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Je voudrais profiter de cet article pour vous faire partager mon amour pour une œuvre qui me bouleversa irrémédiablement dès la première vision : Baraka de Ron Fricke.

Comment résumer cette oeuvre ? Ce n'est pas très évident. Baraka est un documentaire sans parole, ou plutôt une compilation de séquences tournées aux quatre coins du monde, dont le seul accompagnement sonore est la musique.

De fait de quoi peut parler ce film ? Baraka en arabe signifie la chance mais au sens religieux du terme. Une chance que l'on pourrait définir comme étant la bénédiction.

L'utilisation de ce terme religieux comme titre est on ne peut plus judicieux et ce pour plusieurs raisons.

Tout d'abord Ron Fricke ne cesse de parler de la Foi. De la Foi en ce qu'elle représente de plus primordial, de plus enfoui au plus profond de l'âme. Par la seule force des images et de la musique, le réalisateur parvient à retranscrire l'essence même du sacré à la fois émerveillement et crainte devant la majesté de la nature mais aussi devant les réalisations de l'Homme. Dans Baraka, le mysticisme peut découler d'une mer de nuages, du survol aérien de la jungle mais aussi de l'invitation à la contemplation émise par une un sanctuaire plongé dans l'obscurité.

Baraka signifie aussi bénédiction et la bénédiction de l'Homme c'est la terre. De fait, la Foi que l'Homme éprouve, les questions existentielles qui l'agitent depuis le commencement se définissent par le rapport de l'Humain à la terre. Le documentaire véhicule alors une conception première de la Foi, celle animiste où l'Homme craint et respecte les règles et la beauté d'un monde qu'il ne comprend pas tout à fait. Mais un monde dont l'être humain veut comprendre tous les rouages que ce soit par la science ou la religion. Le long métrage nous montre cette quête de la transfiguration ,qui compose finalement l'histoire de l'humanité, en mêlant religions animistes, polythéistes et monothéistes ( les danses de l'ordre soufi turc des derviches tourneurs ) qui, finalement, tendent toutes finalement au même objectif : comprendre le monde et organiser notre vie en fonction de ce que l'on croit en comprendre.

D'ailleurs le monde moderne, rationnel montré dans le film, n'échappe pas à la spiritualité. Il y a une forme de ritualisation dans les gestes sans cesse répétés des usines, dans le mouvement continu des gens dans les grandes métropoles, dans cette vie qui ne se calque plus les horaires du Temple mais sur celle des bureaux... C'est juste un autre rapport au monde presque semblable et pourtant très différent.

Le sacré peut prendre des formes bien différentes. Il peut naître de la nature et des églises mais aussi des ruines des civilisations éteintes elles aussi obsédées par le sacré. Surtout il éclot partout où il y a l'homme. Car le sacré nait du regard de l'Homme sur ce qui l'entoure ( y compris le regard du spectateur finalement ). De fait le Sacré émane de l'Homme lui même. Ainsi Ron Fricke parvient à capter cette beauté qui transfigure l'humain dans les lieux les plus inattendus :dans la Babylone des bordels de Phuket, dans le sourire d'une gamine des bidonvilles indiens, dans cette étincelle de vie à laquelle s'accroche les SDF des métropoles sales d'Amérique du sud, au rythme effréné de Tokyo.

Une beauté finalement qui perdure même après l'innommable ( la Shoah, les khmers rouges ) et qui est peut être l'essence de l'Homme, qui est la raison de sa survie malgré les épreuves.

J'espère que ce texte n'est pas trop brouillon mais il est si difficile de parler de ce film. Les images ( sublimes ) et la musique ( tout aussi sublime et signée notamment Dead can dance et Michael Stearns ) sont tellement plus éloquentes.

Et puis peut être que lorsque vous le verrez vous comprendrez le film tout autrement. Il est aussi possible que je n'ai rien compris.

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